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| a statue de Colomb à Panama
Les amis de "l'Amiral de la Mer Océane" nous écrivent. Je rentre d'un voyage au Panama. Je suis passé à Colón (140000 hab. environ) sur la côte Atlantique, site découvert par l'amiral de la Mer Océane lors de son 4ème voyage (1502-1504). Aujourd’hui, la ville est sale, pauvre et dangereuse (misère sociale, vols, délinquance, 35 crimes par an) et la nuit, mieux vaut être très prudent. On ne dirait pas qu'elle est bordée au sud par une grande zone franche située à l'entrée du canal de Panama. Curieusement, Colón ne profite que très peu de la richesse générée par l'économie du canal dont le créateur Ferdinand de Lesseps s’était fait construire une maison à Colón. Photo Olivier Page, décembre 2005. Une ville de langueur et d’exil : le dictateur argentin Peron y vécu dans ce qui est aujourd’hui l’hôtel Washington, après avoir été chassé du pouvoir. Cette ville plate et quadrillée de manière coloniale évoque par son peuplement et son ambiance nonchalante les villes des Caraïbes (Jamaïque, Belize) avec des baraques en tôles et en bois sur pilotis. La statue de Colomb se dresse au milieu du Paseo del Centenario, l’avenue principale conduisant à l'océan Atlantique, à 500 m environ du Puerto de Cristobal (en souvenir de Cristóbal Colón)
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Photo Olivier Page, décembre 2005. Une plaque rappelle qu'elle fut offerte à la ville de Colon par Eugénie de Montijo, impératrice des Français (l’épouse de Napoléon III). Bien cordialement Olivier PAGE. Message reçu le mercredi 14 décembre 2005 à 11:44.
| Description de la Statue de Ciudad ColonLa statue est en bronze. Elle fut réalisée par Vicente Vela. Colomb est représenté posant la main sur les épaules d'une jeune indienne symbolisant l'Amérique. Il semble qu'au moment de l'installation de cette statue, en 1870, la plaque était en bois. Elle indiquait : Statue de CHRISTOPHE COLOMB Donnée par L'impératrice Eugénie Erigée à Colon Par Décret de la Législature de Colombie, le 29 Juin 1866, Par les soins de la Compagnie Universelle du Canal Maritime De Panama Le 21 Février, 1886. Selon Néstor Ponce de León, vers 1890 une autre plaque en latin indiquait : “CHRISTOPHORUS COLOMBIS EXTREMUM, INGENTEM, CÆCUM TRANS ÆQUORA MUNDUM, HESPERLÆ RATES DUXERAT : IPSE DEDIT. IV IDUS OCTOBRIS M.CCCCXCII.” A l'arrière du socle, une deuxième inscription indiquait : “EL GRAN GENERAL TOMAS C. DE MOSQUERA PRESENTO AL CONGRESO DE LOS ESTADOS UNIDOS DE COLOMBIA ESTA ESTATUA, DON DE LA EMPARATRIZ DE LOS FRANCESES, EUGENIA.” 
| Histoire de cette statue :En 1866, à Paris, Eugénie de Montijo, impératrice des français, présenta cette statue à Tomás Cipriano Mosquera, ancien président de Colombie. La statue fut ensuite présentée au public lors l'Exposition Universelle de Paris en 1867 et le gouvernement français en fit officiellement don à l'état de Colombie. Le cadeau fut accepté par la Colombie le 26 juin 1867. Elle arriva en sur les lieux du futur canal de Panamá, le 1er mai 1870 et fut érigée peu après. La statue était présentée différemment. A l'époque de l'érection de la statue, la région du futur canal de Panama était encore attachée à l'Etat de Colombie. Le gouvernement colombien de l'époque décida de donner le nom du Découvreur de l'Amérique à la ville située à l'entré du canal. La municipalité fut appelée "Colon" nom qu'elle porte encore. Le projet de réalisation du canal s'est concrétisé en 1875, à Paris. C'est à cette date qu' est fondée à Paris la Société civile du canal interocéanique du Darién. Le principal animateur du projet de construction d'un canal dans cette région est le lieutenant Louis Napoléon Bonaparte Wyse. La construction fut décidée au congrès de Paris, en août 1879. Les travaux ont commencé en janvier 1881. Après de nombreuses péripéties liées au projet de canal, le Panama ne deviendra définitivement indépendant que le 21 décembre 1921. Ce projet de canal n'était pas une nouveauté. Vers 1560, un projet analogue avait déjà été proposé au roi d'Espagne afin de simplifier la route des galions qui rapportaient vers l'Espagne, l'or et les richesses de la cote pacifique d'Amérique du Sud. Compte tenu des difficultés de réalisation aucune suite ne fut donnée à ce projet, à l'époque. Ce qui n'empêcha pas Samuel Champlain d'en décrire la possibilité, lorsqu'il est venu à Panama. 
| | Documentation
Notes :(1) Eugénie María de Guzmán, (Grenade,1826 ~ Madrid, 1920) comtesse de Teba et de Montijo, fille de Cipriano Guzmán de Palatox, Comte de Teba (3 fois grand d'Espagne), et de Marie Emmanuelle Kirkpatrick de Closeburn y Grevigné, fille du consul des Etats-Unis à Málaga. Cette catholique mondaine, d'une grande beauté, fille d'un grand d'Espagne, parle un français parfait qui lui a été enseigné par Prosper Mérimée, l'amant de sa mère. En Octobre 1852, lors d'une réception aux Tuileries, Eugénie rencontre Louis-Napoléon. Le 29 janvier 1853, Napoléon III épouse civilement "Maria Eugenia Ignacia Augustina de Guzman y Palafox y Portocarrero", Comtesse de Teba, fille du dernier comte de Montijo. Le Mariage religieux est célébré le lendemain à Notre-Dame de Paris. L'impératrice soutiendra l'expédition du Mexique, s'opposera aux initiatives italiennes de l'empereur et favorisera la guerre contre la Prusse qui conduira à la chute du Second-Empire. Elle sera nommée régente en août 1870, avant de trouver refuge en Angleterre après la capitulation de Sedan, le 2 septembre 1870. Napoléon III décédera en 1873 et leur fils en 1879. (2) Tomás Cipriano Mosquera (1798-1878), militaire (général) et homme politique colombien, fut président de Colombie de mars 1844 à avril 1845, puis de avril 1845 à mars 1849, date à laquelle il fut déposé par un coup d'état. (General Tomás Cipriano de Mosquera. Enviado Extraordinario y Ministro Plenipotenciario de la República de Colombia.) (3) Vers 1600, Samuel Champlain est allé en Amérique Centrale. Voici ce qu'il écrit dans son récit de voyage : "En ce lieu de Panama s'assemble tout l'or & l'argent qui vient du Pérou, où l'on les charges, & toutes les autres richesses sur une petite riviere qui vient des montaignes, & qui descend à Portovella, laquelle est à quatre lieues de Panama, dont il faut porter l'or, l'argent & marchandises sur mulets: & estans enbarqué sur ladicte riviere, il y a encor dix huict lieues jusques à Portovella. L'on peult juger que sy ces quatre lieues de terre qu'il y a de Panama à ceste riviere estoient couppés, l'on pourroit venir de la mer du su en celle de deçà, & par ainsy l'on accourciroit le chemin de plus de quinze cents lieues141; & depuis Panama jusques au destroit de Magellan ce seroit une isle, & de Panama jusques aux Terres noeusves une autre isle, de sorte que toute l'Americque seroit en deux isles." (La jonction de l'océan Atlantique et de l'océan Pacifique à travers l'isthme dePanama, n'est pas, comme on voit, une idée moderne. Champlain a peut-être le mérite de l'avoir émise le premier en français. L'Orthographe de la citation est elle de l'Époque).
Documents de référence :Sites intéressants : L'histoire complète de cette statue, en anglais, sur le site : " COLUMBUS MONUMENTS PAGES " de Peter van der Krogt. Dans le menu à gauche, QUICK MENU, choisissez : Latin America, Panama, Colón . On y découvre, sur la page, des détails complémentaires à cette page. L'histoire de la statue, en espagnol, sur le site de la ville de Colón La ville de Colón au Panama
Histoire du canal en français : Autres pages dans ce chapitre : [ Antilles ] [ Cuba ] [ Hispaniola ] [ Jamaïque. ] [ Panama ] [ San Salvador ] Dernière mise à jour de la page : vendredi 01 septembre 2006 10:18:46 +0200 |
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