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Chapitres : [ Hispaniola ] [ Saint Domingue ] [ République d'Haïti. ] [ Autochtones ] Suites: [ Arowaks et Caribes. ] 
|  | Les autochtones À l'arrivée des premiers explorateurs européens, deux peuples autochtones occupent la grande majorité des îles des Antilles: les Taïnos et les Caraïbes. Ces peuples sont issus de plusieurs vagues migratoires en provenance du continent américain et d'un long processus de métissage. | Migrations des premiers habitants . Entre 5500 et 3500 avant J.C. un peuple originaire d'Amérique du Sud, les Ciboneys, s'installe sur l'île de Trinidad. Excellents navigateurs, ils migrent ensuite vers les autres îles des Antilles et atteignent Hispaniola vers 2500 ans avant J.C. On connaît peu de choses de cette société paléolithique. En République dominicaine, on a retrouvé à Pedernales et à Barrera Mordân (près d'Azua), les restes de sites ciboneys datant de 2 500 ans av. J-C. Les Ciboneys, peuple seminomade, se nourrissaient essentiellement des fruits de la cueillette, de la pêche et de la chasse.
Dès le début de notre ère , cette population de base sera , peu à peu rejointe par de nouvelle peuplades originaires d'Amérique du Sud . Ces migrations sont originaires des cotes du Venezuela et de souche Arawak (ou Arawok). Les Guapoïdes, durant les trois premiers siècles après J.C. puis, les Saladoïdes entre 300 et 800. Ces deux peuples, pratiquent la culture des sols et maîtrisent des techniques poussées de fabrication d'outils et d'irrigation des sols. Ils produisent en outre de belles poteries aux dessins artistiques. Ils ne tardent pas à entrer en contact avec les peuples Ciboneys avec lesquels ils vont se mêler pour constituer l'ethnie métissée que les espagnols ont nommée Taïnos, lors de la découverte d'Hispaniola. La dernière vague migratoire, vers 850, provenant du continent américain est celle des Caribes ou Caraïbes qui quittent la région de la Guyane pour s'établir dans les Antilles. Les Caraïbes prennent surtout possession des Petites Antilles et repoussent les tribus de langue arawak qui y habitent, vers les îles des Grandes Antilles.
| Les Taïnos Les Taïnos utilisent la même langue, l'Arawak, que de nombreuses autres peuplades installées dans les îles des Antilles. Excellents navigateurs, ils communiquaient d'une île à l'autre. L es Taïnos développent une société bien structurée et ouverte sur le reste du bassin des Antilles grâce à un système d'échange efficace avec les autres peuples de la région. Ils fourniront à Colomb des informations importantes sur la géographie de la mer des Antilles. Au contraire des Ciboneys, les Taïno s pratiquaient l'agriculture sur brûlis, notamment celles du manioc, des patates douces et du maïs qu'ils consommaient grillé ou vert. Ces différentes cultures constituaient la base de leur économie. Les Taïnos habitent des villages généralement construits aux abords de l'océan qui comptent en moyenne une cinquantaine de huttes familiales , les bohios , organisées autour d'une place centrale et comportant 1 000 habitants. Cette place servait beaucoup pour le jeu de balle très répandu et hérité de l'aire mésoaméricaine et les rencontres inter-village étaient assez fréquente. Les plus grands villages peuvent toutefois rassembler jusqu'à 5000 habitants. Les bohio sont de petites huttes majoritairement de forme circulaire aux murs en poteaux de bois et roseaux et aux toits de chaume. Ces villages font partie de royaumes sous la direction d'un chef unique que l'on désigne sous le nom de cacique. Les chef de chaque village choisissaient eux-mêmes de quel chef territorial le village dépendait, et formait ainsi le premier maillon d'une chaîne aristocratique qui dominait les autres classes sociales dont faisaient partie les paysans, les artisans et les esclaves. Pour le reste, la société taïno est constituée de trois strates sociales : un groupe de nobles qui remplissent les principales fonctions spirituelles et temporelles, le peuple et les esclaves, ces deux derniers groupes assurant la survie du village. Les Taïnos étaient animistes, c'est à dire qu'ils attribuaient un esprit aux animaux, aux phénomènes naturels et à la mort. Les Taïnos rentraient en contact avec ces esprits par l'intermédiaire de petites idoles appelées zemis, considérées comme le "lieu de résidence" en quelques sortes des esprits. Chaque taïno possédait au moins un zemi qui pouvait prendre des formes très diverses ; de la représentation de plante ou d'animal aux formes anthropomorphes, certains zemis étaient même grotesques. Les zemis des chefs avaient des pouvoirs particuliers et étaient installés dans des temples en bordure de village. Pour s'attirer leur faveur, les Taïnos les célébraient par des danses cérémonielles et des offrandes de nourriture, notamment à l'occasion du mariage et du décès de leur propriétaire. L'adoration des petites idoles a sûrement un rapport avec le remarquable développement de la sculpture chez les taïnos. Si leur maîtrise de la céramique était assez mauvaise, les taïnos travaillaient particulièrement bien le bois et la pierre. Les objets sculptés les plus typiques sont des colliers de pierre et des pierre à trois trois pointes aux styles très variés dont on suppose qu'il s'agit de zemis. Parmi les objets usuels, on retrouve chez les taïnos de nombreuses haches monolithiques dont certaines s'apparentent aux haches de la civilisation Tairon (nord de la Colombie). Les Taïnos de haut rang possédaient aussi des fauteuils en bois à dossier incurvé, anthropomorphes ou zoomorphes, appelés duho.
Déclin des autochtones. La période de contact des autochtones avec les Européens a été très brève sur l'île d'Hispaniola. Peu de temps après l'arrivée des colonisateurs, la population indigène était totalement exterminée : maladies, massacres, souffrances physiques et suicides en masse dus aux mauvais traitements et aux travaux forcés, réduisirent à néant cette ethnie pacifique. E ntre 1492 et 1550, les populations amérindiennes sont totalement anéanties. Deux chercheurs de l'Université de Californie à Berkeley ont calculé le déclin de la population dans l'Île d'Hispaniola après 1496. En estimant la population initiale à environ 8 millions, ils pensent qu"elle est tombée à 28 000 en presque trente ans. Il s'agit d'une extermination de 99 % de la population, ce, qu'avec des mots modernes, on appelle un génocide. Kirkpatrick Sale, The Conquest of Paradise: Christopher Columbus and the Columbian Legacy (NY: Plume Books, 1991). pp. 160-161. 
| Le modèle de colonie d’exploitation voulu par les Européens (grandes plantations de sucre, de café, de tabac et de cacao) les obligea à recourir à la main-d’oeuvre africaine, très appréciée pour les travaux pénibles. Les premiers déportés arrivèrent en Amérique dès le début du XVI e siècle. A la fin du XVIIe siècle, sous l’influence de Colbert, la traite négrière s’est intensifiée et a été codifiée. Au total, ce trafic a arraché plus de 10 millions d’hommes et de femmes à la terre africaine. La France, l’Espagne, l’Angleterre, le Portugal et la Hollande organisèrent le commerce des nègres à grande échelle. Ils installèrent des comptoirs d’achat en Afrique (Île de Gorée, Sénégal) et des points de vente en Amérique (Croix-des-Bossales, Saint-Domingue). Ce commerce, pudiquement appelé «trafic du bois d’ébène» par les Français et «black ivory trade» par les Anglais, assura pendant longtemps la prospérité des principales villes côtières d’Europe, comme Nantes, Bordeaux, Liverpool, etc. Gérée par de riches négociants avec le soutien des autorités, la traite négrière devint rapidement une des branches les plus rentables de l’économie européenne. Sa remise en question ne pouvait être considérée que comme un acte antipatriotique. Les premiers à se révolter contre le système furent les esclaves eux-mêmes. Les négriers durent recourir aux chaînes et aux tortures pour maintenir les captifs dans leur état. A la fin du XVIIIe siècle, des voix plaidant pour l’abolition de l’esclavage commencèrent, timidement, à se faire entendre. Des Sociétés des Amis des Noirs virent le jour, en Angleterre d’abord, puis en France. Si Voltaire et Montesquieu n’ont guère contribué au mouvement abolitionniste, le marquis de Condorcet, grande figure des Lumières, s’engagea pour une libération et un affranchissement sans condition des esclaves. Source : http://www2.unil.ch/BCU/informations/expositions/2004/haiti/haiti.pdf | 
| Documentation
| Notes : | Les Caraïbes se nomment eux-mêmes Kalinas . Les espagnols déformeront ce mot en "Canibas" d'où sortira le mot Cannibales synonyme de "mangeurs d’hommes" . |  | Les Ciboneys , On sait peu de choses des croyances et mode de vie des Ciboneys. Pêcheurs vivant dans des cavernes et se peignant le corps, leur outillage à base de bois, de pierre et de coquillage était très primitifs, et ils ne connaissaient pas l'agriculture. Les fouilles sur l'île de Cuba ont néanmoins été beaucoup plus bavardes en ce qui concerne la civilisation Taïno. |  | Plusieurs mots arawak sont passés dans les langues européennes, et se retrouvent en français : canot, tabac et hamac |  | Arawak : code Ethnologue (SIL) : ARW ; code ISO 639-2 (B) : arw ; statut : Langue vivante. |
| Documents de référence :A propos des langues arawak :  | Patte , Marie-France (Docteur d'Etat, Chercheur CNRS)  | Publications :  | 1997 - Manuel de langue arawak (traduction et présentation), Ed. du Saule, Paris |  | 1999 - Une solution moyenne en arawak, Amerindia 24, A.E.A., Paris |  | 2001-2002 - La relation d'appartenance dans la langue arawak des Guyanes Amerindia 26-27, A.E.A., Paris |  | 2003 – Syntaxe de l’énoncé en arawak des Guyanes, thèse d’état dirigée par le Professeur B. Pottier, Université de Paris-Sorbonne |
|  | Communications :  | 2000 « Les langues arawak de la côte caribéenne » Première rencontre internationale de l'Ecole Vénézuélienne d'Anthropologie, départements d'anthropologie de l'Université des Andes (ULA, Mérida) et de l'Université du Zulia (LUZ, Maracaibo) en collaboration avec le CONICIT |  | 2001 « Réfléchi et moyen en arawak des Guyanes » Réfléchi et Moyen - Approches typologiques, colloque international organisé par l'UR "Langage et Métalangage" Faculté des Lettres de Tunis-Manouba en collaboration avec l'ALT (Association for Linguistic Typology), Université de Tunis-Manouba |  | 2003 « Typologie des emprunts aux langues européennes en arawak (lokono) » LI Congrès International des Américanistes. ALL 16 Dinámica lingüística de las lenguas en contacto, Santiago (Chili) |  | 2003 « Les marqueurs de personne et la structure du syntagme verbal dans trois langues arawak du nord » LI Congrès International des Américanistes. ALL 15 Lenguas indígenas de América del sur. Lingüística descriptiva e histórico-comparativa, sociolingüística y filológica, Santiago (Chili). |
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|  | Le Code noir, présentation et préface de R. Chesnais, éd. L'Esprit frappeur, 2002. Ce petit livre en format poche réédite le Code noir de 1685 ainsi que celui, moins connu, de 1724. Il est intéressant de comparer les deux codes ; on remarque notamment l'ajout dans le dernier de l'interdiction du mariage entre Blancs et Noirs. |  | Le Grand Livre de l'Esclavage, Aubert P. et Thélier G., Orphie, 1999. Pour avoir une idée du système esclavagiste dans l'ensemble des anciennes colonies françaises, des débuts à l'abolition en passant par le quotidien. Illustrations abondantes. |
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