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Le port de Séville.
Durant une longue période et depuis très longtemps, Séville a été un port fluvial d’échanges importants entre l'Andalousie et les villes marchandes italiennes de la méditerranée, l’Angleterre, la Bretagne (Blavet ou Port Louis), les Flandres et le Nord de l’Europe.
Les ports situés à l’intérieur des terres comme Bordeaux, Rouen, Nantes ou Paris, sont censés être moins vulnérables aux attaques que les ports de mer. Et pourtant, en 807 de notre ère, des pillards Vikings venus de Normandie, n'ont pas hésité à remonter le Guadalquivir, depuis San Lucar de Barrameda situé à coté de Cadix, pour attaquer Séville, plusieurs dizaines de kilomètres en amont, et la piller. Ils sont revenus en 812 pour conquérir la région. L'armée du roi musulman Abd-el-Rahman II les a combattu et repoussés. En 844, une nouvelle force de 80 drakkars Viking a encore remonté le Guadalquivir et attaqué Séville de nouveau. Elle a de nouveau été repoussée. Et, ils feront d'autres tentatives...
"...alors pour devancer toute nouvelle éventualité, Abd-al-Rahman ordonna que soit construit un arsenal en Séville et qu’on y fabriquât des bateaux. L’on recrutât à cet effet des hommes de mer sur les cotes d’Espagne, à qui on donnât de bons salaires et on se procura des instruments, des machines pour que puisse être lancée de la poix brûlante.
De cette manière quand les Normands firent leur seconde incursion, au cours de l’années 224 [de l'Hégire], sous le règne de l‘émir Mohamad, on sortit à leur rencontre à l’embouchure du fleuve de Séville et on les fit fuir. Quelques navires sombrèrent et il partirent"... .
D'après " <>Tarikh Iftitah al-Andalus" (Histoire de la conquête d’Al-Andalus), par Ibn Al-Qutiya,
cité dans "L’Espagne musulmane” par Claudio Sãnchez-Albornoz, (page 122).

Le Guadalquivir à l'emplacement de l'ancien port.
Photo Jean-Michel Urvoy, mai 2004.
Le port de Séville était organisé sur la rive gauche du Guadalquivir qui passe le long de la ville. Les principaux établissements étaient situés dans la partie nommée "Arenal" (le banc de sable), en face de Triana. C'est à cet endroit qu'avaient lieu les travaux de carénage des navires destinés au transport des marchandises. Il n'y avait pas de cale sèche. Les bateaux étaient échoués sur la berge et couchés sur le flanc opposé à celui qui devait être réparé ou caréné.
C'est de cet emplacement que partaient les navires des Indes. Aujourd'hui le port n'existe plus. La berge à été nivelée et un boulevard y passe. Il s'appelle l'avenue Christophe Colomb. ( Vue aérienne de l'emplacement où était le port de Séville )
Sur la rive opposée de Triana, dans les Arsenaux des Remedios qui connurent un grand essor, surtout au XVIe siècle, de nombreux marins ont été formés pour effectuer la traversée de l'Atlantique. Ces arsenaux étaient reconnus comme les meilleurs du sud de la péninsule, bien que leur fonction primordiales fut de réparer et de caréner les bateaux ayant subi les avatars des longues traversées outre-mer, et dont les coques avaient été endommagées par les coquillages qui s’y étaient agglutinés ou par les récifs coralliens. Cependant, la construction navale sévillane se limita à la fabrication d’embarcation de petites dimensions destinées à la navigation fluviale ou côtière en Andalousie et, surtout, à celle de barques de pêche et de transport de chargements. Cette limitation était due principalement à la pénurie, dans cette région, de bois adapté à la construction des coques.
L'hommage aux marins qui ont traversé la Mer Océane pour aller aux Indes, apposé sur un mur de Triana.

Notes :
"Ibn Al-Qutiya" ou "ibn-al-Qutiyah", de son véritable nom "Abu-Bakr ibn Umar" est né à Cordoue et y décéda en 977.
Don Claudio Sánchez-Albornoz y Menduiña, médiéviste espagnol, (Madrid 1893 ~? , juillet 1984).
"L'Espagne musulmane", 2 vol., Publisud, Collection Espaces méditerranéens, 1991. [Première édition : 1985].