Nous l'avons appelée "caravelle ibérique de type Niña" parce que personne n'est en mesure de dire à quoi ressemblait exactement la Niña. Toutes les études existantes se contredisent.
Il s'agissait très probablement d'un modèle de navire courant pour l'époque et l'endroit où elle a été construite(1). Ce type de caravelle était utilisée pour le commerce. Il n'existe, à ma connaissance, aucune illustration d'époque.
Certaines maquettes montrent un navire avec deux voiles, d'autres avec trois voiles. On voit parfois sur des maquettes commerciales de jolis balustres tournés [imaginons la même chose sur un chalutier breton :-)...] ou des coques avec des clous dorés façon bronze poli (2).
On trouve quelques informations sur les navires utilisés par Colomb dans une lettre écrite par Michele Da Cuneo, sur l'île de Saona (3)le 15 octobre 1495, elle est adressée à Geronimo Annari. Le manuscrit rédigé en latin est conservé à Bologne. Nous en possédons le fac-similé complet. Les informations manquent de précision. Le non de la Niña n'est pas cité dans cette lettre. Dans un passage, Da Cuneo indique le tonnage d'un navire mais il n'indique pas de quel navire, ni de quel tonnage(5) il s'agit :
"Nous levons l'ancre, le vingt-cinq avril avec trois caravelles, une de quelque soixante tonneaux les autres très petites nous accompagnaient, avec environs, quatre-vingt-dix-huit hommes..."
On suppose que ces trois caravelles s'appelaient : "San Juan", "Niña" et "Cardera". Las Casas parle d’un navire ou grande nef et de deux caravelles mais, ne les nomme pas, lui non plus...
Quelques images durant les phases de l'étude.
Le plan de départ
La structure de la coque.
Essais de textures.
Essais de rotation.
Il est possible de faire évoluer le navire sur tous les axes.
Ces images ne sont pas définitives. Ce sont des étapes de la réalisation.
Notre ami Georges de Walque est le réalisateur des images en trois dimensions.
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Projets suivants :
nous envisageons l'étude de la Pinta et de la Santa Maria pour lesquelles nous possédons les plans ainsi que de nombreuses informations techniques et historiques.
Paul Bending, Paris, 2 février 2007.
Documentation
Notes :
La Niña à été fabriquée en Andalousie dans la province de Huelva. Certains types de navires sont successibles d'évoluer localement, au cours du temps, du fait de la disparition de certaines essences de bois locales et de l'apparition de nouveau savoir-faire, dus à l'arrivée de charpentiers venus d'ailleurs.
Pour faire du bronze, il faut du cuivre et de l'étain, or l'étain n'est pas une des matières les courantes en Andalousie.
L’«isla Saona», est situé dans les Caraïbes à l’extrémité sud-est de la République de Saint Domingue. Elle est séparée du "Parque del Este"dont elle fait partie, par le "Paso del Cotuan". C’est la plus grande île de la République Dominicaine.
Cette lettre a été envoyée par Michele Da Cuneo à Gerololamo Annari. Elle est datée du 15 octobre 1495. Elle a été écrite sur l’«Isla Saona», dans les Caraïbes. Elle répond à un courrier du même personnage du 26 du mois précédent. Il s’agit probablement de la date d’arrivée de la lettre car à cette époque il faut environs deux mois pour aller d’Andalousie à l’île espagnole et plus de quinze jours pour aller de Gênes à Cadix. La relation de Michael de Cuneo a été publiée complètement, pour la première fois en 1893, dans "Raccolta di Documenti e Studi pubblicati dalla R. Commissione Colombiana pel quarto centenario dalla scoperta dell'Americarica".
Sur les mats : "aprés avoir désigné au moyen âge la voile du mat central, la misaine était à l’époque de Colomb la voile du mat arrière. De nos jours nous appelons le mat arrière mat d’artimon, le mat de l’avant est nommé mat de misaine".(Source : Las Casas, « Histoire des indes » page 481, note des traducteurs.)
Documents de référence :
Barata, Joao da gama Pimentel : “Estudos de Archeologia Naval”, 2 Vols., Banco de Fomento e Exterior, 1972, Lisboa-Porto-Coimbra.
Collectif : " Raccolta di Documenti e Studi pubblicati dalla R. Commissione Colombiana pel quarto centenario dalla scoperta dell'Americarica".
Chocano, Guadalupe; Fernândez Vial, Ignacio; Varela, Consuelo: «La Santa Maria, la Pinta y la Nina»: Madrid, 1992.
D'Albertis, Enrico A,: «Le costruzioni navale e l'arte dela navigazione al tempo de Cristôforo Colombo». Tomo IV de la Raccolta di Documenti e Studi pubblicati dalla R, Commissioni Colombiana,- Roma, 1892-1984.
Escalante de Mendoza, Juan de: «Itinerario de Navegación».- 1575. Reedición facsimil: Madrid, 1985.
Fernández, Manuel: «livro de Traças de Carpintería».-1616- Ediciôn facsimil: Lisboa, 1989.
Fernández Vial, Ignacio, & Ollero Marín, Álvaro : « Las tres carabelas », 114 p., Diputación Provincial de Huelva, Unidad de Gestión de la Rabida, 1998. ISBN : 84-8163-139-6.
Fonseca, Henrique Quirino da (1868, 1939) : “Memoria de archeologia naval portuguesa”, Anais do clube militar de 1913, e 1914. Étude publiée séparément à Lisbonne en 1915.
Fonseca, Henrique Quirino da : "Memorias de Arqueologia naval Portuguesa recolhidas por Quitino da Fonseca", 278 pages, 1° Volume, Tip. de J.F. Pinheiro, Lisboa, 1915.
Fonseca, Henrique Quirino da, “A Caravela Portuguesa e a Prioridade Técnica das Navegações Henriquinas”, Coimbra, Imprensa da Universidade, 1934. Reedição: com Comentário preliminar, notas e apêndices de João da Gama Pimentel Barata, 2 vols., Lisboa, Ministério da Marinha, 1978.
Garcia de Palacio, Diego: «Instrucción Nâutica para Navegar».- 1587. Reedición facsimil. Madrid, 1944.
Martinez-Hidalgo y Terán, José Maria : “Las Naves de Colón”, 230 p., Editorial Teide, S.A., Barcelona, 1968, 1969, ISBN : 84-307-8232-X ; 978-84-307-8232-1.
Martinez-Hidalgo y Terán, José Maria : “Las naves de Colon y la polemica que no cesa”. Revista General de Marina, 211: 477-495. 1986.
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