Avec beaucoup de mal Colomb arme trois bâtiments. Il réussit grâce à l'aide des frères Pinzon, armateurs de Palos de la Frontera .
Il s'agit de deux caravelles : La Pinta (la Peinte), la Niña (la Gamine) originaires du port de Palos et d'un bâtiment de commerce renommé la Santa María. Son vrai nom était "Galega" ou "Maria-Galante", les témoignages divergent. Ce navire était une caraque fabriquée en Galice dont le propriétaire s'appelait Juan de la Cosa.
Les dimensions estimées des bâtiments sont les suivantes :
Pinta : 25 m de long sur 7m de large : 110 tonneaux, Capitaine Martin-Alonzo Pinzon,
Niña : 24 m de long sur 7 m de large : 105 tonneaux, Capitaine Vincent-Yañès Pinzon,
Santa María : 3 mats, 39 m de long sur 8 m de large : 233 tonneaux, Vaisseau Amiral, Capitaine en second Juan de la Cosa.
Les trois navires ont été équipés et préparés dans le port de Palos. Le port de Cadix aurait certainement plus pratique mais il était encombré par les navires qui embarquaient les Juifs chassés d'Espagne.
Départ :
Le départ eut lieu le 3 août 1492. 87 membres d'équipage étaient répartis sur les 3 navires.
Contrairement à ce qu'indiquent certains auteurs, dont le commandant Charcot, le départ n'eut pas lieu de Palos qui est situé en amont du Rio Tinto, à environ 4 kilomètres du lieu de départ réel, mais depuis la barre de Saltes. Les bateaux étaient amarrés depuis la veille, sous les fenêtres du monastère de la Rabida. Il existe une peinture, réalisée au 19e siècle par Cabral Bejarano, elle situe bien la scène. Le tableau montre l'embarquement avec le monastère de la Rabida dans le fond, sur l'autre rive.
Le 2 août, Colomb et son équipage ont communié à une messe célébrée pour eux, au couvent de la Rabida.
"Nous partîmes le vendredi 3 août 1492, à huit heures, de la barre de Saltes. Nous aillâmes le sud, jusqu'au coucher du soleil, sous un vent vif, pendant soixante milles qui font quinze lieues; ce qui était le chemin des Canaries"
Christophe Colomb, Journal de Bord. Traduction de Soledad Estorach et Michel Lequenne.
Mémorial érigé à proximité du lieu du départ. Huelva, Andalousie.
La barre de Saltes est située à proximité du confluent de la rivière Odiel
et du rio Tinto qui vient de Palos.
Arrêt technique aux Canaries du 9 août au 6 septembre.... Colomb réside à Las Palmas. Sa maison y est encore visible à Vegueta, dans le le vieux quartier de la ville.
Départ le 6 septembre pour la traversée de l'atlantique. Instructions données aux 2 autres bâtiments : naviguer vers l'ouest et chercher la terre après avoir parcouru 750 lieues (environ 2400 milles marins actuels). Destination : Cipangu, le Japon; c'est ce que souhaite également Martin-Alonzo Pinzon.
Le 11 Octobre, les premiers signes indirects de terre se montrent, débris flottants parmi lesquels des végétaux frais, des oiseaux terrestres. Deux heures après minuit, donc le 12 octobre, un marin de l'équipage de la Pinta, Rodrigo de Triana, voit la terre : il fait les signaux prévus afin d'avertir les 2 autres bâtiments et informer Colomb.
Arrivée
Le 12 octobre 1492, à l'aube, l'escadre arrive devant sur une île dans les Bahamas, il s'agit de Guanahani. Cette terre sera appelée San Salvador, par Colomb, c'est à dire Saint Sauveur. Dans son journal de bord, il décrit "la beauté de ces îles (est) incomparable à nulle autre". Aujourd’hui, quatre monuments distincts marquent les endroits où serait débarqué Christophe Colomb....
N'y trouvant pas l'or qu'il cherche, Colomb continue son voyage. Le 28 octobre 1492, il découvre Cuba, qu'il nomme "île Jeanne". A l'est de Cuba, Colomb trouve enfin de l'or en quantité sur une autre île, appelée Ayti en langage indigène (Haïti), qu'il baptisera Hispaniola.
Durant la nuit de Noël 1492, la Santa Maria fait naufrage sur des rochers à fleur d'eau. La Santa Maria s'échoue et devient inutilisable. Colomb laisse une garnison de 39 hommes, dans un fort en bois, construit avec l'épave du navire, sur un site baptisé Navidad.
Colomb ne dispose plus que d'une caravelle, la Niña, car Martin-Alonzo Pinzon est perdu de vue depuis le 23 novembre. Colomb l'accuse d'avoir déserté.
Début janvier 1493, Pinzon est retrouvé.
Poussé par le mauvais état des caravelles, Colomb décide le 16 janvier 1493 de rentrer au plus vite vers l'Espagne.
Monnaie d'or de l'époque à l'effigie des rois catholiques.
Retour :
Le trajet de retour est difficile. Il estmarqué par de terribles tempêtes. Le dimanche 17 février, après trois jours épouvantables, ils accostent l'île Sainte-Marie aux Açores. Colomb ne s'est pas perdu dans la tempête, il sait ou il se trouve. Encore une fois je renvoie à l'ouvrage de Jean Merrien (*) pour les détails.
Le 4 mars 1493, les marins sont de retour en Europe; ils arrivent à Cascais, au Portugal. Colomb remonte le Tage se met au mouillage au Restelo. Il rencontre le Roi du Portugal. Le 13 mars il lève l'ancre Pour rentrer en Espagne.
La plage de Restelo était située à l'embouchure du Tage, entre Lisbonne et les bancs des Cachopos. Cette plage se trouvait à proximité de l'actuelle Tour de Belem. La tour, dont la construction fut commencée en 1515 par Francisco de Arruda, fut terminée en 1521. Elle prit alors le nom de Bastion du Restelo, puis de Château São Vicente et s'est appelée plus tard, Tour de Belém. A l'époque de sa construction, elle se trouvait au milieu du fleuve et servait à en défendre l'accès. La plage de Restelo était le point de départ des navires marchands qui assuraient le commerce portugais. C'est de cet endroit qu'est parti Vasco de Gama en 1497.
Le 15 mars 1493, Colomb arrive en Andalousie. Il franchit la Barre de Saltes à midi et ne passe pas inaperçu, car depuis le matin, il attendait la marée en face de l'estuaire. Il passe sous le couvent de la Rabida, remonte le Rio Tinto, puis, il se met au mouillage à Palos. Les marins sont de retour chez eux. C'est la fête et la fierté dans les familles : ceux qui sont partis pour des régions inconnues sont revenus.
Le 30 mars, le roi et la reine d'Espagne après avoir appris le retour de Colomb, quelques jours auparavant, lui demandent de repartir. Colomb pense déjà à un second voyage encore plus ambitieux.
(*) Pages 297 à 312, Christophe Colomb, Jean Merrien - collection J'ai lu, texte intégral, édition de 1986.
Les trois navires du premier voyage. Timbre du Nicaragua.
La pointe sud de cette île est formée par un banc de sable, qui est la barre dont il est question dans le texte du journal de bord de Colomb. Comme le port de Palos se trouve sur le Rio Tinto, en amont de son embouchure, on ne peut gagner le large qu’après avoir franchi cette barre.
L’île de Saltes abritait anciennement la petite ville du même nom, qui déchut au XVe siècle et disparut complètement au siècle suivant.
dans :« Oeuvres de Christophe Colomb », Alexandre Cioranescu, NRF – Gallimard – Paris 1961, Note N° 8, page 367
Territoires visités : San Salvador, The Bahamas, Cuba, Hispaniola.
Ouvrage consultés
Casas, Bartholome de Las
"Historia de las Indias". (1er volume.), Fondo de Cultura Economica. - Mexico 1951
Colomb, Christophe
"La découverte de l'Amérique", Volume I. - Journal de bord et autres écrits, 1492-1493. (Le premier voyage).
Traduction de Soledad Estorach et Michel Lequenne , Editions La Découverte & Syros - Paris 2002
Colomb, Fernand,
"Histoire de la vie et des découvertes de Christophe Colomb".
Traduction par Eugène Muller de l'ouvrage de 1571 publié a Venise. Maurice Dreyfous Editeur - Paris 1873.
"Christophe Colomb.", Denoël, Paris,1955. Ré-édition en Livre de poche (texte intégral) - Paris, décembre 1986.
Morison, Samuel Eliot
"Admiral of the Ocean Sea", Little, Brown and Company - Boston, Mass. USA, 1942
"Admiral of the sea, a life of Christopher Colombus" , Northeastern Univ. Press; USA 1983.
Rosely de Lorgues
Vie et voyages de Christophe Colomb, d'après des documents authentiques tirés d'Espagne et d'Italie", Morizot, Paris 1862.
Vignaud,Henri
"Le vrai Christophe Colomb et sa légende", Auguste Picard +diteur - Paris 1921.
Wauwermans, Henri, Lieutenant-général.
"Henri le navigateur ou l'Académie portugaise de Sagres, introduction à l'histoire de l'école de cartographie belge et anversoise du XVIe siècle" Institut National de Géographie, Bruxelles, 1895. (ré-édition corrigée).
Young, Filson
"Christopher Columbus and the new world of his discovery", 2 volumes, E. Grant Richards -London, 1906.
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