
Christophe Colomb est cultivé, c'est ce qu'indique au 16e siècle, dans son "Histoire des Indes", l'évêque Bartholomé de Las Casas, qui connaît le latin et qui a consulté les documents de Colomb. Dans son ouvrage "Colomb ou la logique de l'imprévisible", publié aux Éditions François Bourin, Paris, mars 1993, Pierre Chaunu, indique à la page 221,: "Colomb sait écrire "dans une Europe où..../... les capables de signer et, sans doute, de chiffrer sont toujours moins de 10 pour 100".
Colomb se permet d'annoter, en latin, des documents qu'il possède.. 
Apostilles (notes marginales) de Colomb sur le Livre de Marco Polo, conservé à Séville, dans la bibliothèque colombine.
 Agrandissement de l'apostille de Colomb sur le Livre de Marco Polo. 
 |  | Colomb a laissé de nombreuses notes dans la marge de l'Imago Mundi rédigé par Pierre D'Ailly. L'écriture est celle d'un individu cultivé. L'ouvrage est conservé à Séville, dans la Bibliothèque Colombine. (Document de la collection de l'auteur). |


Page écrite de la main de Colomb. L'original du document, ci-dessus, aurait été retrouvé à Gênes, enfermé dans une cassette accompagné de trois autres documents de la main de Colomb. Ce qui prouve que malgré son attachement à l'Espagne, il n'avait jamais rompu le contact avec Gênes.

Ci-dessous, extrait final d'une lettre que Christophe Colomb a écrite le 27 décembre 1504 à Nicolas Oderigo, pour lui annoncer qu'a son retour il n'avait pas trouvé de réponse aux lettres qu'il lui avait écrites.

Transcription en espagnol de l'extrait ci-dessus : //.......del proposito en que quedamos. Yo llegué acá muy enfermo : en ese tiempo falleció la Reina mi Señora (que Dios tiene) sin verla. Fasta agora non os puedo decir en qué pararan mis fechos : creo que S.A. la habrá bien proveído en su testamento, y el Rey mi Señor muy bien responde. Franco Catanio os dirá el resto largo. Nuestro Señor os haya en su guardia. De Sevilla à 27 Deciembre 1504.
El Almirante mayor del mar Océano, Visorey y Gobernador general de las Indias, etc. | .S. .S. A. S. x M Y Xpo FERENS.
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Traduction en français du passage : //.....de la situation dans laquelle nous sommes. Je suis arrivé ici très malade. La Reine, ma maîtresse, que Dieu ait avec lui, est morte dans ces temps et sans que je l'aie vue. Jusqu'à présent je ne puis vous dire comment finiront mes affaires; je crois que Son Altesse y aura bien pourvu dans son testament. Franco Catanio vous dira le reste plus au long. Notre seigneur vous ait en sa garde. De Séville le 27 décembre 1504. L'Amiral de la Mer Océane, vice roi et gouverneur général des Indes, etc.

Il existe de bonnes raisons de se méfier de ceux qui ont dénigré Colomb. Certains détracteurs de Colomb ont été pris en flagrant délit de bêtise.... Dans "Le vrai visage de Christophe Colomb", Picard Éditeur, Paris 1921, " Henri Vignaud a écrit à la page 10, que Colomb était peu cultivé et qu'il "......n'avait que des connaissances rudimentaires en marine et en cosmographie.... Dans un autre passage il ajoute que Colomb était ignorant, qu'il était un mauvais marin et qu'il avait tout emprunté à son entourage. Mais Vignaud ne l'a jamais démontré ! Henri Vignaud a passé le plus clair de vie à vouloir à dénigrer Colomb avec des arguments idiots. A la page 115 du même livre, Monsieur Vignaud nous parle des caravelles et indique "....toutes trois avaient une voile latine carrée. " (sic). La voile latine est une voile triangulaire ! Monsieur Henri Vignaud serait donc, au XXe siècle, l'inventeur du triangle à quatre cotés ! C'est passé inaperçu.

Plusieurs auteurs sérieux, des marins comme Cesareo Fernandez Duro et Julio F. Guillen Tato de la marine espagnole, l'amiral Samuel Eliot Morrison de la marine des États-Unis, le Capitaine Enrico D'Albertis de la marine italienne ainsi que Jean Merrien et le le commandant Charcot, marins français, ne sont pas de l'avis de Vignaud. Ils considèrent Colomb comme un marin instruit. Dans un chapitre de son ouvrage sur Colomb Jean Merrien indique : "Tout d'abord, autodidacte ignorant, Christophe Colomb ne l'est pas : il lit couramment et écrit aussi bien le latin, qu'il note même en abrégé, comme une langue naturelle. Il lit - peut-être seulement après 1485 - et écrit le castillan. Il sait évidemment le portugais; presque certainement le catalan. Il lit l'italien, mais ne l'écrit pas. Voila qui n'est pas mal pour un ignorant." Jean Merrien dans "Christophe Colomb" - Éditions J'ai lu, 1986 - page 96. Le Commandant Charcot a écrit à propos de Vignaud : "....nous croyons préférons préférable de considérer que cet américaniste se trompe, d'autant plus que ses propres connaissances maritimes, comme nous l'avons déjà remarqué au sujet des caravelles, sont certainement très rudimentaires". J.B. Charcot dans "Christophe Colomb, vu par un marin" , Ernest Flammarion, Éditeur, Paris 1928 - Pages 100 et 101. Dans un autre passage de son livre Charcot indique, dans une petite colère, que pour critiquer un marin, il vaut mieux être soit même un marin et j'ajouterais, d'avoir navigué.......ce qui était bien le cas du "Polar Gentleman" ainsi que l'appelait familièrement l'explorateur Scott. Monsieur Vignaud était un "cuistre". Certains auteurs sont moins gentils que moi à son égard, ils ajoutent "pédant". Selon André Gide, il vaut mieux croire ceux qui cherchent la vérité, et se méfier de ce qui l'ont trouvée !

Documentation 
NotesPierre D’Ailly (Petrus de Alliaco), Compiègne 1351, Avignon 1420, théologien et philosophe, évêque de Cambrai (cardinal en 1411). Ouvrages à consulter
Jean Merrien a fait un bon résumé des propos de Vignaud. Si quelqu'un a emprunté à son entourage il semble que ce soit cet individu qui maîtrise très peu certains sujets qu'il aborde. Le Commandant Charcot laisse transparaître, avec beaucoup de politesse, le fond de sa pensée sur Vignaud dans certaines lignes de son ouvrage intitulé "Christophe Colomb vu par un marin". Michel Lequenne à un regard positif sur Colomb, même lorsqu'il en fait une critique. C'est beaucoup plus intéressant car il a étudié en profondeur les documents de Colomb. Pour ceux qui lisent l'espagnol, il est intéressant de consulter Consuelo Varela, "Retrato de un hombre". Madame Varela a découvert et expertisé plusieurs documents écrits par l'Amiral.  | Charcot, J.B., "Christophe Colomb, vu par un marin", Paris, Ernest Flammarion Éditeur, 1928. |  | Christophe Colomb, "La découverte de l'Amérique, I. journal de bord et autres écrits, 1492-1493 - II. Relations de voyages et autres écrits, 1494-1505." - Traduction de Soledad Estorach et Michel Lequenne. Paris, La Découverte, 2002. 854 pages. ISBN : 2707137731. |  | Lollis, Cesare : "Autografi de Cristoforo Colombo" con prefazione e trascrizione diplomatica di Cesare Lollis, Roma : auspice il Ministero della Pubblica Istruzione, 1892-1894 (Forzani e C.) |  | Merrien, Jean, "Christophe Colomb", Paris, Éditions J'ai lu, 1986. |
Ouvrages de VignaudVIGNAUD, Henri, Toscanelli and Columbus. The Letter and Chart of Toscanelli, London: Lands and Co., 1902. VIGNAUD, Henri, Études Critiques sur la Vie de Christophe Colomb Avant ses Découvertes, Paris, H. Welther, 1905. VIGNAUD, Henri, Histoire Critique de la Grande Entreprise de Christophe Colomb, 2 vol., Paris, 1911. VIGNAUD, Henri, Toscanelli and Colombus, New York, 1917. VIGNAUD, Henri, Le Vrai Christophe Colomb et la Légende. La Date Exacte de la Naissance du Grand Génois; sa Famille; les Indications qu'il avait; Toscanelli, Prétendu Indicateur de la Découverte de l`Amérique; l`Objet Véritable de l`Entreprise de 1492, Paris: Picard, 1921. VIGNAUD, Henri, Christophe Colomb, Paris, 1922. VIGNAUD, Henri, Comment l`Amérique fut Réellement Découverte en 1492. Conférence, Cahors, 1922.
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